Des affrontements intercommunautaires en RDC entraînent 16 000 réfugiés au Congo-Brazzaville

Des affrontements intercommunautaires en RDC entraînent 16 000 réfugiés au Congo-Brazzaville

Une mère réfugiée transporte son enfant et des articles de secours au Congo-Brazzaville. © HCR / Frédéric Noy

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic - à qui toute citation peut être attribuée - lors de la conférence de presse qui a eu lieu aujourd'hui au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, aide les autorités locales de la République du Congo à fournir une assistance humanitaire à quelque 16 000 réfugiés récemment arrivés de République démocratique du Congo (RDC).

 Les gens fuient les affrontements meurtriers qui ont éclaté fin décembre 2018 entre deux communautés de Yumbi, dans la province de Mai-Ndombe, dans l'ouest de la RDC. Une ancienne rivalité entre les communautés de Banunus et de Batende a entraîné de nouveaux affrontements intercommunautaires. Le conflit réactivé aurait tué des dizaines de personnes, et environ 150 blessés seraient arrivés au Congo-Brazzaville.

Il s'agit de l'afflux le plus important de réfugiés en provenance de la RDC au Congo-Brazzaville depuis presque une décennie, puisque quelque 130 000 personnes ont été forcées de chercher refuge en raison d'affrontements ethniques dans l'ancienne province de l'Équateur en RDC en 2009.

Des réfugiés, principalement des femmes et des enfants de la tribu Banunu, continuent d’arriver dans les districts de Makotipoko et de Bouemba en République du Congo, où les autorités congolaises et les agences des Nations Unies, y compris le HCR, fournissent des soins médicaux, des produits alimentaires et non alimentaires.

Ceux qui fuient la RDC parlent d’attaques qui ont laissé des maisons incendiées et des personnes tuées. Certains craignaient une escalade du conflit.

En RDC, une récente mission d'évaluation humanitaire à Yumbi a découvert plus de 450 maisons détruites à la suite des affrontements et a trouvé des personnes qui avaient cruellement besoin d'une assistance de base, notamment de nourriture, de services de santé et d'un abri.

Au Congo-Brazzaville, les réfugiés sont installés dans les localités isolées de Makotipoko, Bouemba, Mopongo et Mpouya, dans le département des Plateaux, parmi les communautés locales.

Les autorités de la République du Congo ont officiellement demandé l'assistance du HCR et d'autres organisations humanitaires. Nous coordonnons les efforts de secours pour aider le gouvernement à aider les réfugiés.

Le HCR et le Programme alimentaire mondial ont déjà déployé des équipes dans la région pour distribuer des articles de secours, notamment de la nourriture, des bâches et d'autres articles de première nécessité depuis le 29 décembre. Les distributions de vivres ont commencé le 1er janvier 2019 à Bouemba et seront étendues à d'autres endroits au cours des prochains jours.

Cependant, les réfugiés continuent de vivre dans des conditions difficiles. Ils sont hébergés dans des régions isolées où les communautés ont déjà du mal à avoir accès à l'eau, à la nourriture et aux soins de santé. Les organisations humanitaires sont également confrontées à des problèmes logistiques, certaines localités n'étant accessibles que par le fleuve. La saison des pluies et les inondations dans la région ont exposé les nouveaux arrivants au paludisme et aux maladies de l'eau. 

La République du Congo accueille actuellement quelque 60 000 réfugiés, principalement originaires de la République centrafricaine, de la RDC et du Rwanda. (S. HCR)